Deux de mes fiertés : la cigarette et les réseaux sociaux

Rédigé par antistress le 01 janvier 2021 - 2 commentaires

Pouce renversé devant une cigarette se consumant
Crédits photo en fin de billet [1]

Étant dans ma quarante-cinquième année, j'ai eu la chance (je crois que ça en est une) de connaître une adolescence sans smartphone et surtout sans réseaux sociaux (au sens étriqué et artificiel où on entend « réseaux sociaux » de nos jours, puisque ces termes ont été préemptés au bénéfice de quelques sociétés et de leur marque [2]). J'ai plus de vingt ans lorsque Facebook se répand autour de moi.

Mais revenons à mon adolescence : je me souviens très clairement qu'à la fin des années 80, début des 90, fumer la cigarette était perçu comme très cool, et vous connaissez le besoin de conformation aux pairs caractéristique de cet âge.

Je ne sais par quel miracle j'ai réussi à ne pas céder à la tentation de fumer ma première cigarette – celle qui décide des suivantes – laquelle tentation s'est pourtant présentée à moi à d'innombrables reprises.

Pour ce qui est des réseaux sociaux, éviter la tentation a sans doute été plus facile compte tenu que j'avais dépassé l'adolescence lorsqu'ils se sont répandus. Mais cela ne veut pas dire que je n'ai pas été confronté, de multiples fois, à cette tentation, à la pression sociale.

J'ai notamment ce souvenir précis, tandis que j'étais en vacances avec une tribu d'amis dont certains plus jeunes qui insistaient pour que je les rejoigne sur Facebook. Je me souviens m'être retrouvé à hésiter devant l'écran d'accueil particulièrement léché de Facebook.

Ce qui m'a fait tenir était que j'avais alors acquis ma conviction de libriste et que les problèmes de vie privée posés par des services comme Facebook étant déjà clairement identifiés et commentés dans ma sphère informationnelle. J'ai pu arbitrer en faveur de mes valeurs et en défaveur de Facebook. De justesse.

Bien plus tard les réseaux sociaux alternatifs, décentralisés et/ou respectueux de la vie privée, ont commencé à émerger, de sorte qu'il est devenu possible de fréquenter des réseaux sociaux en ligne « sans se compromettre » (ni compromettre le Monde).

Mais, à ce moment là, c'est une autre conviction qui m'a tenu éloigné des réseaux sociaux mêmes respectueux de la vie privée : celle que je devais maîtriser ma sphère informationnelle pour me dégager une disponibilité psychique.

Par un mélange de chance et de conscience je peux dire aujourd'hui que je n'ai ni (eu) besoin d'arrêter ni la cigarette ni les réseaux sociaux, faute d'y avoir préalablement succombé.

Et c'est tant mieux, parce que ceux qui ont eu à prendre la décision d'arrêter savent mieux que moi à quel point c'est difficile.

Surtout, je suis très heureux de l'équilibre que j'y ai trouvé.


[1] L'illustration de ce billet est une composition réalisée par mes soins avec GIMP à partir de cette photographie et de cette icône (que j'ai préalablement modifiée : source ici) ; elle est soumise à la licence CC BY-SA 2.0.
[2] Des sites comme LinuxFR ou des forums comme celui de HFR sont pour moi des réseaux sociaux.

2 commentaires

#1  - pi3r a dit :

Je n'ai pas votre âge (environ 20 ans de moins), donc nous n'avons pas vécu l'arrivée des réseaux sociaux de la même manière.
Pour apporter mon point de vue (qui, fatalement, rentre en contradiction avec le votre) sur les RS : ils ont été pour moi et une grande partie de ma génération ayant étudié dans les années 2010 (fac, écoles, etc...) un moyen formidable de collaborer et de retrouver des gens facilement pour travailler ensemble. Depuis un an, je ne vois pas comment nous aurions pu maintenir un rythme de travail, de recherche et de production sans ces outils.
Ils sont certes imparfaits car trop gourmands en tous points (énergie, data, données personnelles, ressources matérielles, rentabilité), mais il faut savoir être reconnaissant. Il suffit de bien les utiliser : je n'étale pas ma vie sur Facebook ou Twitter, ni sur Teams ou Discord. Je règle mes cookies en conséquence et j'utilise un navigateur respectueux comme Firefox. Et comme ça, je trouve qu'on est gagnant-gagnant; le ratio données personnelles - bénéfice me semble être correct.

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#2  - antistress a dit :

@pi3r : merci pour ce témoignage qui nuance le mien

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