20 ans après, mon nouveau cerveau

Rédigé par antistress le 19 décembre 2020 - Aucun commentaire

Labyrinthe cubique figurant un cerveau

Après l'obtention de mon bac, j'ai poursuivi des études à l'université. J'ai le souvenir qu'à la fin de celles-ci – c'était au tout début des années 2000 – la préparation d'un exposé ou d'un mémoire passait encore, pour moi, par des feuilles de papier brouillon et un stylo, quitte à devoir découper aux ciseaux puis coller au scotch ailleurs des paragraphes entiers pour réorganiser mon travail.
Et pour la version dactylographiée, je devais, pour terminer, recopier sur ordinateur mon manuscrit.

20 ans plus tard

Dernièrement j'ai voulu confectionner un objet « lettre », c'est-à-dire produire une lettre personnalisée écrite à la main sur du papier à lettre.

Je me suis surpris à ressentir le besoin d'en réaliser le brouillon sur ordinateur.

Pas pour le correcteur orthographique : j'avais ouvert un éditeur de texte rudimentaire qui en est dépourvu. Alors pourquoi ?

Au début je pensais que c'était pour le confort des corrections sur un ordinateur : la facilité d'effacer, déplacer, revenir en arrière…

En réalité ce n'est pas ça. Je ne me sens plus à l'aise pour coucher ma pensée avec un stylo sur une feuille. Ça m'est difficile – pour ne pas dire rebutant.

J'ai besoin aujourd'hui d'un clavier et d'un écran pour pouvoir matérialiser ma pensée.

C'est une nouvelle colossale à mon niveau (au sens où Michel Serres mesure l'importance d'une nouvelle). Dans cet intervalle mon cerveau s'est reconfiguré, et une habileté y a remplacé une autre.

Je ne suis plus tout à fait le même : mon ancien moi, avec son fonctionnement, est devenu un autre, un étranger.

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