Je suis un mutant, et mon super-pouvoir est l'empathie

Rédigé par antistress le 25 décembre 2019 (mis à jour le 14 décembre 2020) - Aucun commentaire

Professeur Xavier et Magnéto, des X-Men

C'est dans le cadre d'un questionnement sur mon exercice du métier de CPE, et après avoir effectué quelques recherches, que la vérité m'est apparue.

Article en chantier : refonte en cours – décembre 2020.

Symptômes

Les symptômes que j'ai notés et que je vous dévoile ici, se rapportent à différents éléments qui, pris ensemble, constituent ma personnalité : mes valeurs, mes talents, mes goûts, mes traits de caractère.

La matière première, si je puis dire, du métier que j'exerce est l'humain.

Ce métier (pour faire simple : celui d'éducateur d'adolescent·e·s) s'accorde avec un certain nombre de mes valeurs, parmi lesquelles figurent la bienveillance et le tact.

Par ailleurs, j'ai pris conscience assez rapidement à cette occasion de certains de mes talents, comme une grande réceptivité aux signaux de communication non verbaux. Dans un métier où l'on travaille l'humain dans toute sa complexité et sa pudeur, cela s'est avéré très rapidement un atout précieux.

J'ai aussi le goût de côtoyer les adolescent·e·s : leur intensité, leurs certitudes comme leurs questionnements, leur façon d'habiter le monde me désarment. Sur quoi mon métier est à nouveau parfaitement aligné.

J'ai enfin pris conscience, mais beaucoup plus lentement, de ce qui est à la fois un talent et un goût : ma capacité à créer un lien étroit, à entrer profondément en contact avec un·e adolescent·e lors d'un échange interpersonnel.

Enfin, un de mes traits de caractère est d'être facilement bouleversé : par un paysage, par un écrit, par une musique ou une chanson (d'autant que je suis sensible aux voix), par un film (je passe beaucoup de temps à essuyer mes larmes au cinéma)… mais aussi à l'occasion de mon travail : comme témoin d'une scène de vie adolescente, par la connaissance d'une difficulté de parcours d'un·e adolescent·e…

Et – ce qui m'étonne, et m'interpelle au plus haut point – c'est que, dans tous ces cas, je m'aperçois que ces situations me procurent des shoots de bien-être.

Mutation

Là je dois dire que j'ai lu tout un tas de choses très intéressantes, issues de découvertes assez récentes permises par le développement des neurosciences (portées par la possibilité actuelle d'étudier, par imagerie, le cerveau en fonctionnement), et qui semblent s'appliquer à mon cas, sous réserve toutefois du biais de confirmation que je ne peux pas exclure (et c'est frustrant).

On peut lire, par exemples :

Ici, que : Chez les adultes bègues, on observe une hyperactivité dans les cortex de l’hémisphère droit et une mauvaise coordination entre les cortex cérébraux qui planifient et exécutent la parole. Reste à déterminer si les différences anatomiques et fonctionnelles sont la cause du bégaiement ou sont une adaptation au bégaiement dans le cerveau adulte.

Ici, que : Dans certaines régions de l'hémisphère gauche de l'encéphale, la proportion de matière grise est apparue moins dense et les connexions neuronales moins nombreuses. En revanche, d'autres régions du même hémisphère sont apparues suractivées, de même que l'hémisphère droit.

Et , que L’anomalie principale sur le cerveau adulte bègue résiderait dans une mauvaise répartition des tâches entre les deux hémisphères. En effet, l’opercule rollandique gauche (zone de Broca) du cerveau des bègues présente une déconnexion (mauvaise connexion entre les neurones). De ce fait le cerveau droit va hypercompenser. Mais l’hémisphère droit n’étant pas spécialisé dans le langage, les risques de bégayages sont accrus. […] Il n’y a cependant pas de fatalité. En effet, les spécialistes ont remarqué chez les personnes "guéries" du bégaiement, une autre partie du cerveau qui viendrait prendre le relais pour compenser la déconnexion, il s’agit de la zone orbito-frontale gauche.

Puis :

Ici, que : Le cortex orbitofrontal est la zone directement reliée à la régulation des émotions, aux capacités d’affection et d’empathie. Cette zone est également prépondérante pour la bonne construction des relations humaines et de la vie sociale en général car c’est cette partie du cerveau qui, entre autre, développe notre sens moral et nos capacités à entreprendre des actions.

Et , que : Cette partie du cortex préfrontal est en connexion avec le thalamus. Parce qu'il est actif dans les émotions et le système de récompense, le cortex orbitofrontal est souvent considéré comme faisant partie du système limbique.

D'après la page Wikipédia consacrée, le système limbique est aussi appelé le cerveau émotionnel.

Concernant le système de récompense, toujours : Pour le psychiatre américain Gerald Maguire, spécialiste de la médication du bégaiement, le taux de dopamine est très élevé chez les enfants qui bégaient, et cela persisterait à l'âge adulte. Une de ses études a suggéré un taux de dopamine supérieur de 50% à 200% dans certaines zones des cerveaux bègues. Les généticiens Chinois ont eux suggéré un nombre trop importants de récepteurs de dopamines.

D'après la page Wikipédia consacrée, la dopamine est une molécule biochimique qui renforce les actions habituellement bénéfiques telles que manger un aliment sain en provoquant la sensation de plaisir ce qui active ainsi le système de récompense/renforcement.
Les propos cités à travers tout ce chapitre proviennent de différentes sources dont je serais bien incapable d'attester le sérieux. J'ai toutefois constaté que certaines informations se retrouvaient à différents endroits (notamment l'hyperactivité de l’hémisphère droit chez le bègue adulte, ou encore celle du cortex orbitofrontal).

Forme finale

En introduction j'ai tenté de décrire de manière empirique mon état émotionnel lors de certaines situations de mon quotidien.

Un effort de définition s'impose pour y voir plus clair quant au fameux super-pouvoir que j'ai acquis.

L'hypersensibilité

Voir la définition ici.

Je ne saurais (n'oserais ?) affirmer définitivement que j'ai ce trait de caractère. Pas évident de juger lorsque l'on n'a que soi-même comme référence. Mais je ne l'exclus pas non plus, notamment au regard de cet effet de seuil décrit, ou encore compte tenu du fait que l’habituation hédonique ne fonctionne pas bien chez les hypersensibles qui restent bouleversables par chaque retour du printemps , deux symptômes qui pourraient sans doute se retrouver chez moi. Dans le doute, j'ai plutôt parlé jusqu'ici de grande sensibilité ou de sensibilité exacerbée .

L'empathie

La contagion émotionnelle

La sympathie

Voir les différentes définitions ici.

J'avoue que j'ai un peu de mal à me situer au sein de ces différents concepts.

Mon analyse, profane et nécessairement subjective, tendrait donc à qualifier plutôt mon vécu émotionnel dans ces situations comme étant le résultat d'une empathie, principalement cognitive, parfois émotionnelle pouvant aller jusqu'à la sympathie (à confirmer), le tout amplifié par une sensibilité exacerbée (une hypersensibilité ?) en même temps que, c'est à noter, par l’activation de mon système biologique de récompense. Sacré cocktail ?

Conclusion

En guise de conclusion, quant au questionnement tiré du fonctionnement de mon système émotionnel, si l'on admet l'hypothèse que je tends à avancer ici (à la fiabilité hasardeuse, je le souligne), d'une sensibilité accrue liée à une adaptation de mon cerveau visant à contourner une difficulté d'élocution (une mutation, donc), cela ouvre chez moi un abîme de perplexité où se mêlent la fierté de détenir les talents énoncés en introduction peut-être à un degré supérieur à la moyenne (mon super-pouvoir), et l'humilité de se dire que, loin de l'idée spirituelle d'une âme qui s'incarnerait dans une personnalité, les traits de ma personnalité sont en fait le produit d'une mutation visant à contourner une anomalie biologique initiale.

Joyeux Noël !

Mise à jour du 5 janvier 2020 : Je m'aperçois que ce billet évoque principalement les capacités émotionnelles. Mais leur exercice dépend également du contexte. Ainsi, de par leur métier (cas des aidants au sens large) ou leur exposition aux médias, des personnes peuvent voir leur empathie rétrécir, et l'on parle alors de fatigue compassionnelle (notion développée par Charles Figley). D'une manière générale, les personnes soumises à un stress peuvent voir leur capacité d'empathie provisoirement diminuer.
Pour ma part, je ne me crois pas touché par la fatigue compassionnelle dans mon métier, et j'ai pris il y a quelques années des dispositions pour limiter la manipulation de mes émotions par les médias ce qui me laisse une bonne disponibilité psychique au quotidien.
Un autre paramètre à prendre en compte est le sentiment de rivalité, qui inhibe alors l'empathie (voir les travaux de Paul Bloom sur cette question).

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